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Cynotechnique

Chiens de catégorie 1 et 2 : ce que la loi impose

Rottweiler debout sur une allée pavée de centre-ville

La réglementation des chiens de catégorie repose sur la loi du 6 janvier 1999, renforcée par la loi du 20 juin 2008 et codifiée aux articles L211-11 et suivants du Code rural. En France, elle classe certains chiens en catégorie 1 (chiens d'attaque) ou en catégorie 2 (chiens de garde et de défense) selon leur morphologie, et impose à leur propriétaire un permis de détention, une assurance et des règles de sortie.

Chien de catégorie : un classement par morphologie, pas par comportement

Le classement d'un chien en catégorie 1 ou 2 ne dépend ni de son caractère ni de son éducation, mais de son type racial. Le Code rural, aux articles L211-11 à L211-17, vise les chiens susceptibles d'être dangereux en raison de leur morphologie, et un arrêté ministériel du 27 avril 1999 précise les types concernés.

Ce cadre date de la loi du 6 janvier 1999 sur les animaux dangereux et errants, complétée par la loi du 20 juin 2008, qui a introduit le permis de détention, l'évaluation comportementale et l'attestation d'aptitude. Depuis, deux catégories coexistent, avec des obligations communes et des interdits propres à la première.

Dans le langage courant, le terme pitbull désigne les chiens de catégorie 1 ; en droit, la loi retient trois paramètres : le type racial, la présence ou non d'un pedigree et la morphologie. Un chien non classé peut être dangereux, et un chien classé peut être très doux : la loi raisonne par type, la responsabilité du propriétaire restant entière dans tous les cas. Le chien reste un animal domestique, mais l'État considère que ces types présentent un risque particulier pour les personnes et les animaux : il encadre donc la détention, par une interdiction ciblée en catégorie 1 et des obligations de contrôle dans les deux cas. Pour l'identification du type, seul un vétérinaire peut trancher quand le doute existe ; un certificat vétérinaire est conseillé.

Catégorie 1 : les chiens d'attaque

La catégorie 1 regroupe les chiens d'attaque, c'est-à-dire des chiens assimilables par leur morphologie, sans pedigree, aux types suivants :

  • les chiens de type American Staffordshire terrier, appelés couramment pit-bulls ;
  • les chiens de type mastiff, appelés boerbulls ;
  • les chiens de type tosa.

La clé est l'absence de pedigree : un chien de ces types inscrit à un livre généalogique reconnu (LOF) passe en catégorie 2, un chien identique sans papiers relève de la catégorie 1. Cette distinction explique que deux chiens d'apparence voisine n'aient pas le même statut.

Catégorie 2 : les chiens de garde et de défense

La catégorie 2 vise les chiens de garde et de défense. Elle comprend les chiens de race American Staffordshire terrier, les rottweilers et les tosas dotés d'un pedigree, ainsi que les chiens de type rottweiler sans pedigree.

Le rottweiler est le seul à figurer en catégorie 2 qu'il soit inscrit au LOF ou simplement de type rottweiler. Ce classement s'applique aux chiens eux-mêmes, quel que soit l'usage qu'en fait le propriétaire : loisir, garde d'un terrain ou sport.

Comparatif : ce qui distingue les catégories 1 et 2

Le tableau compare les deux catégories sur les points qui changent la vie quotidienne du propriétaire.

Point de règleCatégorie 1Catégorie 2
ProfilChiens d'attaque sans pedigreeChiens de garde et de défense
Permis de détentionObligatoireObligatoire
StérilisationObligatoire, certificat vétérinaireNon exigée
Achat, vente, don, importationInterditsPermis
Transports et lieux publicsAccès interditLaisse et muselière
Voie publiqueLaisse et muselièreLaisse et muselière

Permis de détention, attestation d'aptitude et évaluation comportementale

Tout détenteur d'un chien de catégorie 1 ou 2 doit obtenir un permis de détention auprès de la mairie de son domicile (la préfecture de police à Paris). Le permis est gratuit, il se demande chien par chien, et un permis provisoire est délivré pour un chien de moins de huit mois.

Le dossier s'appuie sur plusieurs pièces que la loi a posées avec le texte de 2008 :

  • l'identification du chien par puce électronique, inscrite au fichier national ;
  • la vaccination antirabique en cours de validité, portée sur le passeport européen, y compris dans les départements indemnes de rage ;
  • une assurance de responsabilité civile couvrant les dommages causés à autrui ;
  • l'attestation d'aptitude du propriétaire, délivrée après une journée de formation à ses frais ;
  • l'évaluation comportementale du chien, réalisée entre ses huit mois et son premier anniversaire par un vétérinaire inscrit sur une liste départementale ;
  • pour la catégorie 1, le certificat de stérilisation.

L'attestation d'aptitude est personnelle : elle suit le propriétaire et non le chien, de sorte qu'un nouveau maître doit passer sa propre formation. L'évaluation comportementale s'impose aussi quand le chien a mordu une personne.

Les informations officielles se trouvent sur le site de la mairie et sur le site de service-public.gouv.fr. Les paramètres de chaque dossier, comme l'état de santé du chien ou la commune de résidence, changent d'un cas à l'autre : un rendez-vous dans les locaux de la mairie, ou auprès de la préfecture de police à Paris, évite les erreurs. L'animal catégorisé reste suivi tout au long de sa vie par ces services.

Démarches pas à pas : de l'acquisition au permis de détention

Avant d'acquérir un chien susceptible d'être classé, il faut vérifier que l'on remplit les conditions pour le détenir, puis suivre dans l'ordre les étapes du parcours administratif :

  1. vérifier la catégorie du chien, au besoin avec un certificat vétérinaire sur son type ;
  2. suivre la formation et obtenir l'attestation d'aptitude ;
  3. faire identifier et vacciner le chien, et souscrire l'assurance de responsabilité civile ;
  4. déposer le dossier de permis à la mairie, avec le certificat de stérilisation pour la catégorie 1 ;
  5. passer l'évaluation comportementale entre huit mois et un an, et la transmettre à la mairie.

Le détenteur qui déménage informe la nouvelle mairie, car le permis dépend de la commune de résidence. En cas de doute sur une condition, mieux vaut interroger le service en charge de la protection animale de la mairie ou de la direction départementale que de risquer une infraction. Le ministère chargé de l'agriculture publie les textes de référence.

Qui ne peut pas détenir un chien de catégorie

Le Code rural écarte plusieurs profils de la détention d'un chien de catégorie 1 ou 2 :

  • les personnes mineures ;
  • les majeurs en tutelle, sauf autorisation du juge ;
  • les personnes condamnées pour certains crimes ou délits inscrits au casier judiciaire ;
  • les personnes à qui la propriété ou la garde d'un chien a été retirée par décision de justice.

Un propriétaire qui entre dans l'une de ces situations ne peut pas obtenir de permis et doit se renseigner auprès de sa mairie avant tout achat ou adoption.

Sorties, muselière et laisse : les règles hors du domicile

Les chiens des deux catégories se déplacent tenus en laisse et muselés sur la voie publique, dans les parties communes des immeubles, dans les lieux publics et dans les transports en commun quand ils y sont admis. Pour la catégorie 1, l'accès aux transports en commun, aux lieux publics et aux parties communes d'immeubles est interdit.

Le maire dispose en outre de pouvoirs propres : il peut imposer la laisse, et la muselière pour les chiens, et faire saisir un chien qui divague. Ce pouvoir, fondé sur l'article L211-22 du Code rural, s'ajoute aux règles nationales.

La promenade d'un chien de catégorie est réservée à une personne majeure. Le quotidien demande donc une organisation sérieuse, bien au-delà d'une simple promenade.

Sanctions prévues en cas de manquement

Les manquements sont punis par des amendes et, dans les cas graves, par des peines de prison. L'absence d'identification, de vaccination, d'assurance, d'attestation ou de permis expose le détenteur à des amendes et, après mise en demeure de régulariser dans un délai d'un mois au maximum, à la saisie du chien, voire à son euthanasie.

La cession, l'achat, le don ou l'importation d'un chien de catégorie 1 sont punis de six mois d'emprisonnement et de 15 000 euros d'amende. Une condamnation peut s'accompagner d'une confiscation du chien ou d'une interdiction de détenir un animal. L'infraction est appréciée par le juge, et le détail des peines évolue avec les textes : la page de référence de l'administration, la fiche sur les chiens dangereux de service-public.gouv.fr, fait foi.

Dangerosité d'un chien non classé : morsure et mesures du maire

Un chien qui ne figure dans aucune catégorie reste soumis au Code rural dès qu'il présente un danger. L'article L211-11 permet au maire, et à défaut au préfet, d'imposer à son propriétaire des mesures de prévention : laisse, muselière, formation, évaluation comportementale, voire placement du chien dans un lieu adapté.

La morsure d'une personne se déclare à la mairie. Elle déclenche une surveillance vétérinaire du chien et une évaluation du niveau de risque : cette évaluation peut classer l'animal comme dangereux, quelle que soit sa race. Le détenteur d'un chien déclaré dangereux se voit alors appliquer des obligations proches de celles des catégories 1 et 2, avec un contrôle renforcé.

Éducation, prévention des morsures et rôle de l'éducateur

La meilleure prévention d'une morsure tient à l'éducation du chien et à la formation de son maître. L'attestation d'aptitude des catégories 1 et 2 fait de cette formation une obligation légale, mais elle devrait guider tout propriétaire de grand chien.

Un éducateur canin sérieux enseigne la socialisation, le rappel, le travail en laisse et la gestion des tensions. Il refuse les méthodes de contrainte physique et de douleur, jugées inefficaces et risquées pour un chien déjà soumis à des mesures de sécurité. Pour les bases d'un entraînement progressif, voir l'article sur les conseils d'entraînement du chien.

La santé fait partie de la prévention : un chien qui souffre peut se montrer irritable. Le contrôle vétérinaire régulier, la vaccination et l'identification limitent les risques et facilitent les démarches si un incident survient.

Chiens de travail, malinois et catégories : ce qui est classé ou non

Les chiens employés par les services de détection, de sécurité ou de sauvetage appartiennent le plus souvent à des races qui ne figurent dans aucune des deux catégories : berger malinois, berger allemand, labrador ou springer par exemple. L'article sur le berger malinois, chien de travail détaille cette race.

Le classement ne porte que sur la morphologie : un chien de garde de type rottweiler garde sa catégorie, quel que soit son emploi. Un professionnel qui souhaite faire travailler un chien de ces types se renseigne avant tout auprès de sa mairie et de la direction départementale chargée de la protection des populations. Pour choisir une race adaptée à une activité de sécurité, voir les races de chiens de sécurité, et pour les métiers du secteur, la rubrique conseils.

Questions fréquentes sur les chiens de catégorie

Mon chien est-il de catégorie 1 ou 2 s'il n'a pas de pedigree ?

Sans pedigree, un chien de type American Staffordshire terrier, mastiff ou tosa relève de la catégorie 1, un chien de type rottweiler de la catégorie 2. En cas de doute sur le type, un vétérinaire établit un certificat.

Le permis de détention est-il payant ?

Non, il est délivré gratuitement par la mairie du domicile ; seule la formation d'aptitude et l'évaluation comportementale restent à la charge du propriétaire.

Un chien de catégorie peut-il aller dans le train ou le bus ?

Les chiens de catégorie 1 en sont exclus. Pour la catégorie 2, la laisse et la muselière sont exigées. Le règlement du transporteur peut ajouter ses propres conditions.

Faut-il refaire l'évaluation comportementale ?

L'évaluation se fait entre huit mois et un an, puis lorsque le chien a mordu une personne. Le vétérinaire évaluateur reste l'interlocuteur pour toute question sur la suite à donner.

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